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J'ai créer un nouveau site sur le diaconat féminin, je continuerais aussi le blog pendant quelques temps.....

A bientôt sur http://diaconat-feminin.wifeo.com/

# Posté le jeudi 12 mars 2009 03:06

Etudes de deux grands théologiens

Les 2 grands théologiens contemporains qui ont étudié ce problème sont le professeur Jean Karmiris et le professeur Evangelos Théodorou. Le premier est partisan de la keirothesia (bénédiction) et pour le second, la diaconesse faisait partie des ordres majeurs du clergé, elle recevait la keirotonia.

# Posté le lundi 09 mars 2009 17:49

Le professeur Jean Karmiris

Le professeur Jean Karmiris reconnaît l'existence des diaconesses, mais il ne voit en elles qu'une institution auxiliaire de l'Église. Il reconnaît aussi que, dans les textes canoniques et liturgiques de la période Byzantine -dont l'Euchologe Barberini-, le terme « ordination » (keirotonia) est employé à propos des diaconesses. Mais il affirme que ce mot ne doit pas se comprendre comme une ordination mais comme une bénédiction ou installation (keirothesis).

Pour étayer cette position, le professeur Karmiris cite le Canon 19 du concile de Nicée en 325. Ce Canon fait référence au traitement de réintégration des Paulinistes dans l'Église après leur renonciation à l'hérésie. Ces Paulinistes étaient les disciples de Paul de Samosate. Ce Paul, originaire de Samosate, avait été évêque d'Antioche, grâce à la faveur de la reine Palmyre, et ensuite déposé et chassé par l'empereur Aurélien. Après la disgrâce de Paul, la communauté schismatique s'était repliée vers l'Orient, Samosate ou Palmyre près de l'Euphrate. Les enseignements de Paul de Samosate sur la trinité étaient considérés comme hérétiques. D'après le Canon 19 du Concile de Nicée, tous les membres de cette secte qui désiraient revenir à l'Église, clergé et laïcs, devaient être rebaptisés et pouvaient aussi être ordonnés par l'évêque.

A propos des diaconesses, le Canon 19 dit :
« On agira de même au sujet des diaconesses et en général la même règle sera observée à l'égard de tout ceux qui sont inscrit au rôle. Nous avons mentionné les diaconesses qui sont inscrites dans ce rang, puisqu'elles n'ont même pas reçu une quelconque imposition des mains (ordination), de sorte qu'elles sont absolument comptées parmi les laïcs. »

Karminis croit que ce canon affirme que les diaconesses n'étaient pas en fait ordonnées. Martimort est du même avis que lui; mais d'après Kyriaki Karidoyanes Fitzgerald, après un examen plus approfondie du texte, d'autres théologiens pensent que la référence vise les diaconesses Paulinistes que l'Église considérait comme non – ordonnées à cause de leur hérésie. Les évêques, les prêtres et les diacres Paulinistes n'étaient pas de même considérés comme ordonnés.

K. K. Fitzgerald pense que la position de John Karmiris s'explique par sa sensibilité particulière au ministère des laïcs. Lui -même théologien laïc, il est opposé au « cléricalisme » et affirme l'égalité de tous les membres de l'Église.



Paul de Samosate était un religieux chrétien du IIIe siècle, évêque de Samosate (également appelée Antioche de Commagène), une ancienne cité dont les ruines se situent dans l'actuelle province d'Adıyaman, près de l'Euphrate, en Turquie. En 269, il est condamné par le concile d'Antioche de 269 comme hérétique, il fut suspendu de ces fonctions d'évêque d'Antioche de Commagène en 270.
Le professeur Jean Karmiris
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# Posté le lundi 09 mars 2009 17:54

Le professeur Evangelos Théodorou

Le professeur Evangelos Théodorou, quand à lui, a une position différente à propos de l'ordination des diaconesses. Le professeur Théodorou est reconnu pour ses études fondamentales sur le diaconat féminin. Son premier livre sur le sujet paru en 1949 ( Heroine of Christian Love). Cet ouvrage fut suivie par une autre étude encore plus approfondie en 1954 (The « Ordination » or the « Appointment » of Deaconesses).

Depuis, il a poursuivi son travail sur les diaconesses et il est considéré comme le meilleur spécialiste orthodoxe de la question. Après une étude approfondie des textes byzantins, il arrive à la conclusion que les diaconesses recevaient une ordination et faisaient partie du clergé. Il a particulièrement étudié le rite byzantin de l'ordination des diaconesses tel que le présente l'Euchologe Barberini. Théodorou est le premier théologien orthodoxe à explorer le sens des prières et des rubriques de ce rite, au dire de K. K. Fitzgerald. Et le résultat de son étude est que le terme keirotonia est employé pour décrire l'ordination de la diaconesse. Néanmoins, dit Théodorou , la diaconesse, malgré ses fonctions privilégiées, n'a pas les fonctions du prêtre. A aucune époque les femmes ne furent admises à la prêtrise dans l'Église orthodoxe.



Donc, les deux théologiens orthodoxes reconnaissent l'existence et le rôle important des diaconesses dans les Églises des premiers siècles, mais, pour Karmiris, elles ne font pas partie du clergé et ne reçoivent qu'une bénédiction ou installation, tandis que, pour Théodorou, elles sont vraiment ordonnées sacramentellement et sont comprises dans les membres du clergé.

Quoi qu'il en soit, d'une ordination ou d'une simple bénédiction, il ne fait pas de doute qu'il y avait des diaconesses dans l'Église de l'Orient au VIIIe siècle.


Le professeur Evangelos Théodorou
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# Posté le lundi 09 mars 2009 17:57

DIACONESSE

DIACONESSE


Dans les premiers siècles, se dit de femmes chrétiennes régulièrement
au service de l'Église (en grec diaconos, tardivement diaconissa)

1.

Au 1 er siècle.

Avant de parler de la diaconesse féminine, il faut se rappeler le
rôle considérable que les femmes ont joué dans l'introduction de
nouveaux cultes, dans le paganisme, et la bienfaisance des femmes en
Israël,

(a) La vocation de la diaconesse a ses racines dans le
coeur aimant et agissant de la femme chrétienne, sa première esquisse
dans le cercle des saintes femmes qui assistaient de leurs biens le
Seigneur et ses disciples (Lu 8:3).

Elle a déjà son luxe dans le
vase de parfum (Mr 14:3-9) et sa beauté propre dans le don de la
veuve (Lu 21:1-4).

Elle s'essaye dans la charité de
Dorcas (Ac 9:39).

Elle apparaît en Phoebé, diaconesse de
l'Église de Cenchrées (Ro 16:1 et suivant).

Paul, le grand
organisateur, sait ce qu'il refusera et demandera à la femme. Elle
n'enseignera pas dans les assemblées (1Co 14:34). L'égalité
spirituelle des âmes n'est pas en question (Gal 3:28), mais les
convenances du temps opposent une barrière infranchissable (1Co
11:2 14:34), exception faite pour la prière et la prophétie où
l'Esprit est à l'oeuvre (1Co 11:5, cf. Ac 21:9).


Le service est son domaine. Phoebé a le même titre que les diacres (Php 1:1).
Elle remplit une fonction (étant diaconesse); son rôle a été
considérable (le terme employé indique une activité protectrice);
Paul demande qu'elle soit traitée comme il convient aux saints et
dans le Seigneur.
Que pourrait-il dire de plus?

La 1re épître à Timothée semble bien montrer que la charge se généralise. Reuss juge
probable que le passage 1Ti 3:11 se rapporte aux diaconesses et
non aux femmes des diacres.

Il y a non pas leurs, mais les femmes semblablement, ce qui indique plutôt celles qui sont de même
fonction, de même titre. Le texte est intercalé entre les diacres et
ce qui est dit ensuite de leur famille. Les qualités énumérées sont
celles de la charge (fidèles en toute chose, 1Ti 3:11). Leur
place serait ainsi déjà officiellement fixée.

Un peu plus tard, vers III, la lettre de Pline à Trajan parle de deux diaconesses (ministres)
que l'exquis écrivain a fait mettre à la torture pour
surprendre les secrets de l'Église. On voit quel rôle elles jouent
déjà.

(b) II faut marquer, au moins brièvement, la place de
la veuve dans l'Église et son rapport avec la
diaconesse. Dès les premiers jours l'Église a accueilli les veuves
délaissées, malheureuses. Le besoin d'être juste envers toutes a fait
constituer le diaconat (Ac 6:1 9:39,41).
Le passage 1Ti 5:3-16 donne leur statut vers la fin du I er siècle. L'Église a un
registre des veuves.
Qui doit y être inscrite? La veuve de 60 ans qui a donné l'exemple des vertus de la charité.
Le texte énumère ses vertus, honneur et force de la chrétienté naissante. Les veuves qui
n'inspirent pas confiance, et celles aussi que leur famille peut soutenir, restent en dehors. On garde ainsi une élite de femmes que l'Église aide et qui aident l'Église par leurs œuvres continuées et par l'autorité de leurs vertus.

Entre elles et les diaconesses il y a de grands rapports, parfois une sorte de confusion, mais une
différence essentielle: les veuves sont des laïques assistées.

Les diaconesses ont une charge qui les apparente au clergé.

2.

Dans les siècles suivants.

La place et la charge de la diaconesse grandissent et se précisent.
Au III e siècle, il est probable que peu d'églises sont sans diaconesses. Par contre les veuves restent ce qu'elles étaient, assistées et honorées, mais formant de moins en moins un corps constitué. On voit clairement dans les Constitutions apostoliques, qui donnent au IV e siècle un tableau des usages du
III°, le vrai rapport. Il y est beaucoup parlé des veuves (III, 1ss).

Elles sont «soumises aux évêques, aux prêtres, aux diacres et même
aux diaconesses», à qui elles fournissent des recrues; elles restent
dans leurs maisons «à chanter, à prier et à lire» (III, 7).
La diaconesse, par contre, est l'objet d'une consécration; l'évêque assisté des prêtres, des diacres et des diaconesses lui impose les mains et prie ainsi: «Donne-lui l'Esprit-Saint, préserve-la de toute
souillure.»
Cette consécration est rapportée entre celles du diacre et du sous-diacre (VIII, 18s). Les auteurs qui cherchent à en diminuer la portée ne tiennent pas compte de ce que ce don de l'Esprit signifie pour l'antiquité chrétienne (et en particulier dans les Const. apost.).

L'Église a besoin des services ecclésiastiques de la diaconesse pour tous les cas où le diacre ne
peut fonctionner: Ainsi les onctions des femmes au baptême par immersion, la cure d'âme féminine (III, 15: «là où l'on ne peut envoyer un diacre»).
Il faut y joindre le soin des femmes malades,des orphelins, des veuves, l'accueil à faire aux femmes pauvres dans le culte, à la porte, et pour les placer, la surveillance des veuves et des vierges.
La diaconesse aurait voulu davantage participer en quelque mesure au sacrement de l'eucharistie, prendre la parole.

L'Église ne l'a jamais admis.

En Irlande elles présentent le calice aux femmes: c'est un cas unique.
Chez les gnostiques, les Montanistes, les Nestoriens et dans les communautés des Priscillianistes, elles sont arrivées à leurs fins.
Les Const. apost, constatent et consacrent la fonction dans un temps où déjà sa décadence est proche. Le clergé se défie des empiétements du ministère féminin; ses succès hors de l'Église l'ont compromis. Le
baptême par immersion, peu à peu abandonné, rend une partie de ses
services inutiles.

La vie monastique absorbant les vocations y met fin.

En Gaule le concile d'Orange (441) décide qu' «on n'ordonnera plus de diaconesses».
La chrétienté d'Occident suit de loin.

En Orient la charge dure plus longtemps: à Constantinople, sous
Justinien, il y a encore, pour 60 diacres et 90 sous-diacres, 60
diaconesses; le Basileus veille rigoureusement sur leur célibat. Mais
de plus en plus ce n'est qu'un titre d'honneur qu'on donne aux femmes
pieuses, aux abbesses. On sait que le pasteur Fliedner, en 1836, a
relevé le nom et la chose dans les Églises évangéliques. An.

# Posté le mercredi 04 mars 2009 03:20